Arthur, le bon numéro de la Française des Jeux
07/02/2012 | La Gazette de Besançon n° 38 | Par Chloé Dalpos
Après une chute sans gravité en début de saison, le Bisontin Arthur Vichot prépare les grandes courses cyclistes comme Milan – San Remo ou Paris – Roubaix. Son guidon est pointé en direction du Tour de France.

VOILÀ TROIS SAISONS qu’il porte le maillot de l’équipe cycliste de la Française des Jeux. Et si sa tunique blanche arbore un trèfle à quatre feuilles, Arthur Vichot a bien failli le 2 février, manquer de bol à l’aube d’une saison 2012 où ses directeurs sportifs comptent sur lui pour le Tour de France 2012, dont la neuvième étape arrivera à Besançon le 9 juillet. Projeté à terre par un autre concurrent à l’Étoile de Béssèges, l’épaule du jeune cycliste de 24 ans a frappé lourdement le sol. Il ne repartira pas. Rapidement, les mauvais souvenirs s’entrechoquent : en mars 2011, sa clavicule s’était fissurée lors de Paris – Nice alors qu’il tenait la dragée haute aux meilleurs cyclistes mondiaux. Heureusement, plus de peur que de mal cette fois. Son épaule n’a pas été touchée. Le Bisontin qui habite près de la gare Viotte a repris, très vite, le chemin de l’entraînement, surmotivé par une troisième place acquise le 29 janvier au Grand Prix La Marseillaise. « Cette chute, c’est un coup d’arrêt, mais je reste optimiste car je ne me suis jamais senti aussi bien en début d’année. Elle ne remet rien cause » explique Arthur qui, pour une fois, voit d’un bon oeil les températures « sibériennes » de février. « Avec ces températures froides, je n’ai pas perdu beaucoup par rapport aux autres coureurs. Je travaille bien sur le home-trainer et fais attention à ce que je mange pour compenser le déficit de kilomètres. » Son histoire d’amour avec la petite reine est originale. Déçu par l’ambiance du football alors qu’il jouait dans un club du pays de Montbéliard, Arthur choisit à seulement 17 ans d’imiter son père, « Max », cycliste amateur. Très vite, le gamin montre de belles dispositions en remportant à Marchaux, au nez et à la barbe des plus expérimentés, une course nationale. Il ne cessera de grimper les cols pour finalement obtenir trois victoires chez les « grands » (Paris – Corrèze, Boucles Sud – Ardèche et Tour du Doubs). « C’est un coureur de talent capable de gagner quatre à cinq belles courses par an » dit de lui Marc Madiot, son directeur sportif à la Française des Jeux. Venant de Madiot le dénicheur de talents, le compliment donne des fourmis dans les jambes sans toutefois faire gonfler la tête au Doubien, assez lucide pour comprendre qu’à vélo et plus qu’ailleurs, les étapes doivent être franchies les unes après les autres : « La chute te rappelle que d’une seconde à l’autre, tout peut basculer » commente le coureur de la Française des Jeux coaché par Frédéric Grappe, chercheur à l’université STAPS de Besançon.
Souvent sur les routes, Vichot a trouvé à Besançon un terrain d’entraînement idéal :
« Quand je pars de chez moi, j’utilise la piste cyclable des berges du Doubs pour me diriger ensuite dans la Vallée de la Loue » explique celui qui parcourt plus de 40 000 kilomètres à vélo par an. Avec un Tour de France 2012 orienté très à l’est, Vichot espère décrocher son billet pour la petite reine. La décision ne sera connue qu’en juin, après le championnat de France. Après avoir goûté à l’ambiance de la Grande boucle en 2011, le Franc-Comtois n’a qu’une envie : y retourner. « Nous sommes 28 coureurs à la Française des Jeux à y prétendre. Il faut prouver… mais c’est vrai que j’y pense. L’étape Belfort – Porrentruy promet du spectacle (8 juillet) avec des bosses difficiles. Elle sera sympa à vivre… notamment devant sa télé » promet le jeune loup qualifié de « puncheur » par les spécialistes. Sûr que le fan-club de Vichot l’attendra sur ses routes et notamment à Besançon pour l’arrivée du contre-la-montre dans la capitale du temps. Arthur ne sera pas prophète en son pays :
cet exercice solitaire de 39 km n’est pas sa spécialité. Lui préfère les successions de côtes, mais au pied de la citadelle de Besançon, Arthur pourrait se sentir pousser des ailes. ! .
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