Un Franc-Comtois à la Préfecture de région
11/01/2011 | La Gazette de Besançon n° 26 | Par Céline Garrigues
Si le nouveau préfet de la région Franche-Comté Christian Decharrière s’est montré « engagé et passionné » lors de sa rencontre avec la presse, l’entretien ne s’en est pas moins déroulé de manière protocolaire et consensuelle. Comme attendu, l’énarque n’a pas souhaité s’exprimer sur le passage éclair de son prédécesseur, Nacer Meddah.

LE 21 DÉCEMBRE dernier au matin, Christian Decharrière, ancien directeur de cabinet d’Éric Besson, prenait officiellement ses fonctions de préfet de région et de préfet du Doubs. Il prend le relais derrière Nacer Meddah, grand perdant au jeu des chaises musicales politiques. En effet, huit mois à peine après son arrivée, l’ancien préfet issu de la diversité s’est vu remercier suite au remaniement, suscitant une vive émotion en Franche-Comté. Cette passation de pouvoir a occasionné quelques interrogations : pour certains, placer un préfet issu du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale à la place d’un préfet issu de l’immigration serait un message fort du gouvernement… Comme on pouvait s’y attendre, Christian Decharrière a souhaité éviter toute polémique à ce sujet, indiquant qu’ils étaient « de hauts fonctionnaires à la discrétion totale de l’État, et que cela faisait partie des règles du jeu ».
Originaire de Champagnole
Âgé de 61 ans, Christian Decharrière a été successivement préfet de l’Aude, de la Drôme, de la Vendée et de la Loire. D’origine jurassienne (Champagnole), l’ancien dircab d’Éric Besson a vécu jusqu’à l’âge de 24 ans en Franche-Comté et a effectué ses études de droit à Besançon. Il réside aujourd’hui dans le bassin lédonien. A-t-il émis le souhait de la Franche-Comté pour son affectation, ce qui apporterait un embryon de réponse au départ précipité de Nacer Meddah ? Il affirme qu’il « n’a jamais eu aucune exigence quant à ses affectations, excepté celle de ne pas aller en Outre-Mer ». Il s’est présenté comme un homme de terrain, de proximité, de concertation et de dialogue, mentionnant que les Franc-Comtois entretenaient une relation positive et constante envers l’État. Concernant ses orientations politiques, la sécurité, qu’elle soit publique, routière, civile… figurera en tête de gondole de ses actions. Christian Decharrière a également mis en avant plusieurs dossiers prioritaires, à l’instar de l’économie et de la sortie de crise : « Il s’agit d’un des objectifs de la politique gouvernementale. Nous veillerons au plan de relance, en continuant la mission de médiation du crédit, en consolidant les liens entre la recherche et les industries, en favorisant les emplois-jeunes, les contrats aidés… ». Il a été fait allusion en outre à la mise en place du plan climat territorial.
La question des régularisations
Lorsque la politique de l’immigration a été évoquée, Christian Decharrière a rappelé que Nacer Meddah « avait effectué onze régularisations en décembre, sur un total de 134 sur l’année ». Et de souligner qu’il les concevait pour des motifs exceptionnels : « La régularisation fait partie des textes, mais à titre exceptionnel. Les étrangers qui entrent sur le territoire sans titre de séjour n’ont pas vocation à être régularisés. J’ai effectué des régularisations là ou je suis passé, notamment grâce au vecteur du travail ».
Christian Decharrière s’est dit être un homme de communication, signalant ne pas fuir les échanges avec les médias. Il n’a pas souhaité pour autant donner son numéro de portable aux journalistes, comme l’avait fait Nacer Meddah. Enfin, concernant ses loisirs, il est resté discret, indiquant être « éclectique » .
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